Communication publique sur le sport : stratégies pour une citoyenneté active

Andrés Esteban Marín-Marín
40 lectura mínima

Résumé

La communication publique est un pilier fondamental pour garantir un accès équitable au sport, à l’activité physique et aux loisirs, ainsi que pour renforcer la relation entre l’État et les citoyens. Malgré les avancées technologiques et la diversification des médias, les stratégies de communication dans le sport restent confrontées à des défis liés à la fragmentation des messages, au manque d’interaction et à une appropriation citoyenne limitée. Cet article examine la communication publique dans la gestion du sport d’un point de vue situationnel, basé sur la planification stratégique situationnelle (PSS), intégrant une approche sociotechnique qui analyse l’interaction entre les acteurs, les médias numériques et les récits.

Grâce à une analyse théorique et comparative, les principales tendances en communication sportive sont identifiées, telles que l’utilisation de l’intelligence artificielle, du big data , des algorithmes, de la durabilité et de la communication inclusive. Enfin, des recommandations sont présentées pour optimiser la transparence, la participation et l’innovation dans la communication sportive publique, en cohérence avec les Objectifs de développement durable (ODD) et les politiques locales et mondiales.

Abstrait

La communication publique est essentielle pour garantir un accès équitable au sport, à l’activité physique et aux loisirs, ainsi que pour renforcer la relation entre l’État et les citoyens. Malgré les avancées technologiques et la diversification des canaux de communication, les stratégies de communication sportive restent confrontées à des défis tels que la fragmentation des messages, une interaction limitée et un faible engagement citoyen. Cet article examine la communication publique dans la gestion du sport d’un point de vue situationnel, basé sur la planification stratégique situationnelle (PSE), intégrant une approche sociotechnique qui analyse l’interaction entre les acteurs, les médias numériques et les récits.

Grâce à une analyse théorique et comparative, les principales tendances de la communication sportive sont identifiées, notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle, du big data , des algorithmes, de la durabilité et de la communication inclusive. Enfin, des recommandations sont proposées pour améliorer la transparence, la participation et l’innovation dans la communication sportive publique, en cohérence avec les Objectifs de développement durable (ODD) et les politiques locales et mondiales.

Mots-clés

Communication publique, gestion du sport, participation citoyenne, gouvernement ouvert, stratégies de communication.

  1. Introduction

La communication publique dans la gestion du sport va au-delà de la simple diffusion d’informations. C’est un concept qui, une fois mis en œuvre, renforce la cohésion sociale, la transparence gouvernementale et la participation citoyenne. Dans un monde hyperconnecté, où la numérisation a transformé les modèles de communication traditionnels, les entités publiques doivent orienter leurs stratégies vers de nouveaux scénarios médiatiques et une dynamique citoyenne qui exige une interaction plus horizontale et participative.

Les Nations Unies ont reconnu le rôle du sport dans le développement durable et ont souligné la nécessité de mettre en œuvre des stratégies de communication inclusives et accessibles afin que chacun, indépendamment de sa situation géographique ou de son statut socio-économique, puisse bénéficier des opportunités offertes par l’activité physique et les loisirs. Cependant, malgré ces orientations, des obstacles à la communication publique sur le sport persistent en Amérique latine, liés au manque de coordination interinstitutionnelle, à l’exclusion des communautés et à l’utilisation limitée des technologies émergentes pour la gestion de la communication.

D’un point de vue théorique, cet article s’appuie sur la planification stratégique situationnelle (PSS) de Carlos Matus, une approche qui permet de comprendre la communication publique comme un processus dynamique et flexible, où l’interaction entre les acteurs, l’adaptation aux contextes changeants et la combinaison d’outils traditionnels et numériques sont déterminantes pour l’efficacité des messages. Il intègre également les contributions de Manuel Castells sur la « société en réseau » et le pouvoir de la communication, ainsi qu’une analyse des récits transmédias et des modèles de communication participative appliqués au sport.

Cet article vise à analyser comment la communication publique peut renforcer la gestion du sport au sein des entités publiques, favorisant ainsi des relations plus efficaces avec les citoyens. À travers une approche narrative et une analyse théorique, il explorera les principaux défis et opportunités dans ce domaine, en identifiant des stratégies innovantes qui transforment la communication en un outil de participation sociale et d’autonomisation.

  1. Le problème

La gestion de la communication publique dans le sport est confrontée à des défis qui limitent son efficacité et son impact sur les citoyens. Souvent, la communication se limite à la diffusion d’événements et de réalisations administratives, sans stratégie claire pour assurer la continuité du message ou le lien avec la communauté. De plus, l’utilisation d’un langage technique et inaccessible entrave l’appropriation du message, créant une distance entre les organisations et la population. Le manque d’inclusion et de représentation dans les contenus limite la portée des campagnes de communication, tandis qu’une communication à sens unique freine l’interaction et la participation des citoyens.

De même, la perception d’autopromotion des responsables publics nuit à la crédibilité, ce qui impacte la confiance du public. Un autre problème réside dans le manque d’indicateurs et d’évaluation de l’impact de la communication, ce qui complique l’optimisation des stratégies. De même, le manque de préparation aux crises de communication et à la désinformation met en péril la réputation des organisations sportives et la confiance du public dans le secteur.

  1. Méthodologie utilisée

Pour cette analyse de la communication publique dans la gestion du sport, des loisirs et de l’activité physique au sein des entités publiques, une méthodologie fondée sur une revue bibliographique et théorique a été utilisée. Cette approche a permis un examen qualitatif des concepts, des modèles de communication appliqués au domaine sportif et des stratégies qui ont fait leurs preuves dans l’interaction entre les entités gouvernementales et les citoyens.

La revue de la littérature a porté sur des sources de référence en communication publique, en gestion du sport et en participation citoyenne, ainsi que sur la Constitution colombienne, la loi 181 de 1995, la loi 1712 de 2014, la Charte internationale de l’éducation physique et du sport de l’UNESCO et les Objectifs de développement durable (ODD). La planification stratégique situationnelle (PSS) a également été intégrée, permettant une approche sociotechnique considérant la communication comme un processus dynamique.

  1. Conceptualisation de la communication publique et sportive

La communication publique est un pilier fondamental de la gestion des sports, des loisirs et de l’activité physique au sein des entités publiques. Sa mise en œuvre efficace renforce la relation entre l’État et les citoyens, garantissant l’accès à l’information, la participation active et le développement de politiques sportives inclusives. Cependant, son impact va au-delà de la simple transmission de messages. Comme le souligne Castells (2009), « communiquer, c’est partager du sens par l’échange d’informations » (p. 87). Cela implique une interaction dynamique entre de multiples acteurs au sein d’un écosystème social, culturel et technologique.

De cette façon, le sport acquiert une valeur stratégique dans la communication publique. Comme l’indique l’article 52 de la Constitution politique colombienne (1991), l’accès au sport et aux loisirs est un droit fondamental, ce qui fait de sa promotion un devoir de l’État. La loi 181 de 1995, dite loi sur le sport, renforce cette idée en établissant que les politiques publiques doivent garantir un accès équitable et encourager la participation citoyenne aux activités sportives et récréatives (Congrès colombien, 1995). Ces lois sont conformes aux principes universels, tels que la Charte internationale de l’éducation physique, de l’activité physique et du sport de l’UNESCO (2015), qui reconnaît la communication comme un moyen essentiel de démocratiser l’accès au sport et de promouvoir les valeurs d’inclusion, d’équité et de bien-être social.

C’est pourquoi il est essentiel de distinguer communication publique et communication institutionnelle. La communication publique, comme l’explique Ladrón de Guevara (2020), désigne « l’ensemble des actions et outils de communication dont disposent les administrations publiques pour communiquer avec les citoyens » (p. 30). De même, Campillo (2010) souligne que « sa fonction ne se limite pas à informer, mais doit servir d’instrument pour garantir la participation des citoyens à la vie publique et les responsabiliser quant à leurs choix personnels dans un contexte démocratique » (p. 49). Par conséquent, l’approche de la communication publique est inclusive et vise à renforcer l’accès à l’information, la transparence et l’exercice de la démocratie participative.

La communication institutionnelle, quant à elle, se concentre sur la gestion de l’image, de la réputation et du positionnement d’une entité au sein de l’écosystème public ou privé (Rodrich-Portugal, 2012), et cela n’est pas sans lien avec le domaine sportif. Elle peut inclure la promotion des réalisations d’une institution, le renforcement de sa notoriété et la gestion de ses relations avec les parties prenantes stratégiques. La confusion entre ces concepts peut conduire à des stratégies de communication privilégiant l’image de l’institution au détriment de la participation citoyenne, sapant ainsi la confiance et la crédibilité dans la gestion publique du sport.

Les organisations sportives publiques privilégient souvent les stratégies de communication institutionnelles à la communication publique, privilégiant l’autopromotion des responsables ou des administrations au détriment d’une réelle interaction avec les citoyens. Cela peut engendrer une perception négative dans la société, où les campagnes de communication sont perçues comme des stratégies de marketing politique plutôt que comme des outils de renforcement du droit au sport et aux loisirs.

Un autre élément de cette distinction réside dans l’utilisation des canaux de communication. Alors que la communication institutionnelle tend à privilégier les médias officiels et un discours structuré, la communication publique devrait utiliser des canaux plus accessibles et plus proches des citoyens. En ce sens, l’utilisation des réseaux sociaux, des plateformes numériques et des récits transmédias est essentielle pour favoriser l’interaction et la participation. Castells (2009) souligne que « la convergence d’Internet et des communications sans fil a conduit au développement de réseaux de communication interactifs horizontaux qui relient le local et le mondial à tout moment » (p. 101). Appliqué au sport, cela signifie que les stratégies de communication devraient exploiter ces outils pour susciter des dialogues en temps réel et favoriser l’appropriation citoyenne des initiatives sportives.

Dans cette optique, la communication publique est essentielle à la construction de la citoyenneté et à la consolidation des sociétés démocratiques. Sa fonction va au-delà de l’information ou de la diffusion de messages institutionnels : elle implique de susciter le dialogue et de construire des significations partagées permettant aux citoyens d’exercer leur droit à l’information et à la participation.

Comme le souligne Ladrón de Guevara (2023), « la communication publique est la possibilité pour une institution d’utiliser des outils et des moyens pour socialiser ses citoyens, leur permettre d’être entendus et donner de l’importance à leurs opinions » (p. 42). De ce point de vue, la communication publique ne doit pas être comprise comme un processus unidirectionnel par lequel l’État transmet des informations à la société, mais plutôt comme un modèle de communication circulaire et multidirectionnel impliquant différents acteurs dans la production et la diffusion des connaissances. Cela rejoint ce que souligne Martín-Barbero (1986), qui soutient que la communication est un espace de médiation où s’articulent différents discours, identités et relations de pouvoir.

Dans la gestion du sport, la communication publique est essentielle pour démocratiser l’accès aux sports et aux loisirs. La loi 181 de 1995 stipule que la promotion du sport doit reposer sur des critères d’équité et de participation. Les stratégies de communication doivent donc garantir que l’information atteigne tous les secteurs de la société, en particulier ceux qui en ont été historiquement exclus. Ce principe s’inscrit dans la vision de la Charte internationale de l’éducation physique et du sport de l’UNESCO (2015), qui souligne la nécessité pour les États d’adopter des stratégies de communication inclusives pour renforcer la participation aux sports. De plus, la communication doit être un outil de renforcement du tissu social et de construction de l’identité collective.

La communication sportive est un domaine spécialisé de la communication qui se concentre sur la diffusion, la promotion et la gestion de contenus liés au sport et aux loisirs. Son importance réside dans sa capacité à mobiliser les citoyens, à générer une identité collective et à renforcer la culture sportive dans la société. Arango-Forero (2005) souligne que les jeux et les sports ont une forte composante symbolique et culturelle ; leur communication doit donc aller au-delà de la simple diffusion d’événements et de réalisations institutionnelles.

Pour sa part, Medina-Pérez (2013) indique que « si l’on part du contexte de la modernité, selon lequel le sport doit contribuer à la formation des citoyens et à l’identité nationale, et si, depuis plusieurs années, l’être humain évolue dans une société de marché qui privilégie la consommation et conçoit le sport comme une industrie » (p. 172), le sport doit être envisagé à travers des récits partagés qui transcendent la sphère compétitive. Dans cette optique, la communication sportive doit être intégrée comme composante stratégique de la gestion publique du sport.

Comme le souligne Rojas-Torrijos (2014), le journalisme s’est transformé, « au point de devenir aujourd’hui le produit d’information le plus largement diffusé socialement, le plus demandé et le plus consommé dans de nombreux pays d’Europe du Sud et d’Amérique latine, tant dans la presse écrite traditionnelle, la radio et la télévision que dans les nouveaux médias numériques » (p. 181), où le contenu s’articule sur de multiples plateformes et formats, favorisant une plus grande interaction avec le public. Cette approche est essentielle pour les entités publiques, car elle facilite l’accès à l’information et encourage la participation active des citoyens aux initiatives sportives.

De son côté, Ballesteros-Herencia (2021) souligne que la communication dans le sport « a un impact considérable sur la société et l’économie actuelles » (p. 163), ce qui implique que les services de communication doivent constamment s’interroger sur leurs relations avec leurs publics internes et externes. De même, il est important de souligner l’impact des nouvelles technologies sur la communication sportive. Ballesteros-Herencia (2021) mentionne également que « les organisations sportives doivent tenir compte du fait qu’Internet a modifié la façon dont le public assimile l’information » (p. 163).

Dans ce contexte, et comme le souligne Medina-Pérez (2013), il est essentiel de reconnaître qu’Internet, directement ou indirectement, a été le fil conducteur de nombreuses transformations des technologies de l’information et de la communication, comme le réaffirme Castells (2009) : « La diffusion d’Internet et des communications sans fil a décentralisé les réseaux de communication, permettant de multiples points d’entrée dans le réseau des réseaux » (p. 111). Cela a transformé la façon dont les entités publiques communiquent dans le domaine sportif, élargissant les possibilités d’interaction avec les citoyens via les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et les applications mobiles.

  1. Axes stratégiques de la communication publique du sport

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) (2015) a déclaré que l’accès au sport et aux loisirs est un droit fondamental et que sa promotion doit être fondée sur les principes d’équité et d’inclusion. C’est pourquoi la communication garantit que l’information sur les programmes sportifs parvienne à l’ensemble de la population et que des mécanismes permettent le retour d’information et la participation citoyenne à l’élaboration des politiques sportives publiques.

De même, l’expérience des citoyens en matière de communication sportive publique est essentielle pour évaluer l’impact des stratégies de communication. Il ne suffit pas de transmettre de l’information ; il est nécessaire de créer un processus où les citoyens se sentent entendus, représentés et motivés à interagir avec les institutions sportives. Ainsi, les récits transmédias favorisent la construction de communautés autour du sport, favorisant ainsi des espaces de dialogue et de collaboration.

Gouvernement ouvert et transparence dans la communication sportive

Un gouvernement ouvert favorise la transparence, la participation citoyenne et la collaboration entre l’État et la société dans la gestion publique (García-García, 2014). Dans le domaine sportif, la mise en œuvre de stratégies de gouvernement ouvert est essentielle pour garantir que les politiques et les ressources allouées aux loisirs et à l’activité physique soient gérées efficacement et au bénéfice des citoyens.

La communication publique facilite l’accès à l’information et génère des mécanismes d’interaction qui renforcent la confiance dans la gestion du sport. Noveck (2014) soutient que le gouvernement ouvert ne se limite pas à la publication de données, mais aussi à la création de canaux permettant l’interaction entre les citoyens et l’État dans la prise de décision. Cela implique que les entités publiques doivent aller au-delà de la simple diffusion d’informations sur les programmes sportifs et créer des espaces où les citoyens peuvent s’informer, débattre et évaluer les actions gouvernementales dans ce secteur.

En Colombie, la loi 1712 de 2014 relative à la transparence et à l’accès à l’information publique stipule que toutes les entités étatiques doivent garantir le droit des citoyens à connaître et à accéder à l’information sur la gestion des ressources publiques (Congrès de la République, 2014). Cela signifie que les informations sur les investissements en infrastructures, les programmes de promotion du sport et l’allocation des ressources doivent être disponibles de manière claire, accessible et compréhensible pour l’ensemble de la population. Cependant, dans de nombreux cas, ces données sont communiquées dans des formats inaccessibles, utilisant une terminologie technique ou sans mécanismes adéquats de consultation citoyenne. Outre la publication d’informations, la transparence de la communication sportive exige la mise en œuvre de mécanismes de responsabilisation et de suivi citoyen.

Eaves (2009) soutient que l’accès aux données n’est utile que si des mécanismes sont créés pour permettre leur analyse, leur discussion et leur application à la prise de décision. Cela signifie que les entités responsables de la gestion du sport doivent créer des espaces de participation où les citoyens peuvent exprimer leurs préoccupations, formuler des propositions et suivre la mise en œuvre des politiques.

Du point de vue de la communication numérique, la transparence dans la gestion du sport doit également prendre en compte les interactions sur les réseaux sociaux et les plateformes technologiques. Castells (2009) souligne que « la communication numérique a décentralisé l’accès à l’information, permettant à de multiples acteurs de participer à la construction du discours public » (p. 111). Cela implique que les entités sportives devraient utiliser des outils tels que les diffusions en direct, les forums en ligne et les consultations citoyennes sur les réseaux sociaux pour renforcer la transparence et favoriser une communication plus ouverte et bilatérale.

Approche sociotechnique en communication sportive

Comme indiqué précédemment, la communication sportive dans les entités publiques doit être comprise comme un processus dynamique où interagissent divers facteurs sociaux, technologiques et politiques. Une approche sociotechnique permet de comprendre la communication publique comme un système dans lequel la technologie, les acteurs impliqués et les dynamiques sociales influencent la manière dont l’information est produite, diffusée et appropriée par les citoyens.

Thomas, Becerra et Bidinost (2019) soulignent que « toutes les dynamiques de coconstruction se produisent dans le cadre d’alliances sociotechniques hétérogènes » (p. 128), c’est-à-dire que dans chaque processus, il existe des liens avec divers acteurs, comme le suggère Lévy (2007), qui soutient que « les systèmes culturels ne sont pas étrangers aux systèmes technologiques ou aux systèmes sociaux, et il n’y a aucune raison de considérer la technologie, la culture et la société comme des entités séparées » (p. 15).

Il s’agit donc de réseaux interconnectés où les acteurs, humains et non humains, participent à la construction de la réalité. Appliqué à la communication sportive, cela signifie que les messages et les stratégies de diffusion ne peuvent être conçus isolément, mais doivent tenir compte des outils traditionnels et numériques, des communautés, des structures de pouvoir et des modes d’interaction existants, afin de construire des alliances de confiance et des réseaux collaboratifs entre les entités publiques, les acteurs privés, les communautés sportives et les citoyens.

L’approche sociotechnique de la communication sportive permet donc de comprendre les interactions entre technologie, acteurs et dynamiques sociales dans la construction de stratégies de communication efficaces. Pour renforcer la gestion du sport au sein des entités publiques, il est essentiel d’adopter des modèles flexibles et adaptatifs, de tirer parti de l’écosystème médiatique existant pour favoriser l’engagement citoyen et de construire des réseaux collaboratifs qui renforcent l’impact des messages et l’appropriation de l’information par la société.

Planification stratégique situationnelle en communication sportive

D’un point de vue sociotechnique, la planification stratégique en communication sportive doit prendre en compte l’interaction entre technologie, acteurs sociaux et politiques publiques. Matus (1996), avec son modèle de planification stratégique situationnelle (PSS), propose une communication flexible, adaptative et axée sur la résolution de problèmes spécifiques. Ce modèle privilégie la prise de décision dans des contextes complexes, impliquant de multiples acteurs aux intérêts divers. Son application à la communication sportive publique permet de concevoir des stratégies flexibles et adaptatives où la planification répond aux problèmes réels des citoyens et encourage leur participation active à la gestion du sport.

Matus (1993) soutient que les PSE diffèrent de la planification traditionnelle en ce qu’ils ne reposent pas sur une séquence rigide d’actions prédéterminées, par phases ou étapes, mais plutôt sur la capacité à s’adapter aux changements de l’environnement. Cela implique que la communication dans le sport doit être envisagée par étapes et conçue comme un processus dynamique, dans lequel l’interaction avec la communauté et l’analyse des conditions contextuelles permettent un ajustement continu des stratégies.

Un autre aspect abordé par l’auteur est la définition de scénarios et de stratégies de réponse, qui permettent à la planification d’envisager des alternatives aux situations imprévues. « Cette planification doit être conçue en quatre étapes : explicative (lorsque les acteurs expriment leurs problèmes et leurs besoins) ; normative (comment les choses devraient être) ; stratégique (l’articulation entre ce qui devrait être et ce qui peut être) ; et tactique-opérationnelle (l’action, le faire) » (Marín-Marín, 2024).

D’autre part, et il convient de le rappeler, Castells (2009) affirme que « la capacité des réseaux à introduire de nouveaux acteurs et de nouveaux contenus dans le processus d’organisation sociale, avec une relative indépendance vis-à-vis des centres de pouvoir, s’est accrue avec l’évolution technologique » (p. 48). Cela implique que les stratégies de communication dans le sport doivent exploiter le potentiel des technologies pour décentraliser l’information et permettre une plus grande interaction avec les citoyens. Une technologie appréhendée selon une approche sociotechnique : technologie artéfactuelle, technologie de processus et technologie organisationnelle (Thomas, Becerra et Bidinost, 2019).

Définir les objectifs et segmenter les publics

L’une des premières étapes de la planification stratégique en communication sportive consiste à définir des objectifs clairs et mesurables. Ces objectifs doivent être alignés sur les politiques publiques et, surtout, répondre aux besoins et aux attentes de la communauté. De plus, il est crucial de segmenter l’audience afin de concevoir des messages adaptés à chaque groupe de population.

Comme le souligne Castells (2009), « la numérisation a permis la personnalisation de la communication, facilitant l’adaptation des messages aux intérêts spécifiques de chaque public » (p. 101). Dans le domaine sportif, les stratégies de communication doivent tenir compte de facteurs tels que l’âge, le sexe, le statut socio-économique, ainsi que la diversité des besoins et des habitudes de consommation d’information des différents segments de la population.

  1. Tendances de la communication sportive

Parmi les principales tendances de la communication sportive figurent la communication élargie et transmédia, l’interaction réelle et numérique, l’utilisation de plateformes numériques spécialisées, l’accessibilité, l’inclusion et la durabilité, l’utilisation d’outils d’intelligence artificielle, la personnalisation du contenu, l’utilisation du big data pour la prise de décision stratégique et les algorithmes de distribution de contenu.

La communication étendue repose sur l’idée que les messages sportifs doivent être conçus pour de multiples plateformes, permettant aux citoyens d’accéder à l’information de manière flexible et personnalisée. Cependant, comme le souligne Scolari (2013), la communication transmédia ne se limite pas à la reproduction d’un même contenu sur différents canaux, mais privilégie la communication transmédia, où le récit est fragmenté et distribué stratégiquement sur différents formats et supports.

De plus, l’auteur souligne que les récits transmédias permettent au public de participer activement à la construction du récit. Dans le secteur sportif public, cela implique la combinaison des médias traditionnels, des réseaux sociaux, des retransmissions en direct, des plateformes interactives et des stratégies participatives où les citoyens deviennent cocréateurs de contenu. L’un des principaux défis de la communication élargie et transmédia est la nécessité de générer un contenu unique pour chaque plateforme (Marín-Marín, 2017).

La communication sportive devrait faciliter l’interaction entre les institutions et les citoyens, en combinant des espaces de participation en présentiel avec des outils numériques qui élargissent la portée des messages. Une autre tendance est l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans la communication sportive, qui a permis d’améliorer la personnalisation des messages et l’interaction avec les citoyens. Noveck (2023) suggère que l’IA peut être utilisée pour renforcer la communication publique, en améliorant l’efficacité de la diffusion de l’information et la personnalisation des messages.

Les algorithmes jouent un rôle fondamental dans la manière dont les citoyens diffusent et consomment l’information sportive. Des plateformes comme Facebook , Instagram , X , TikTok et YouTube utilisent des systèmes de recommandation basés sur l’IA qui privilégient certains contenus par rapport à d’autres, ce qui peut influencer l’accès à l’information sur les programmes sportifs.

De même, la durabilité est devenue un enjeu central dans la gestion du sport et doit se refléter dans les stratégies de communication publique. L’UNESCO (2023) a souligné l’importance de promouvoir des pratiques durables lors des événements sportifs et des activités récréatives, de réduire l’empreinte environnementale et d’encourager une utilisation responsable des ressources.

  1. Conclusions et recommandations

La communication publique dans la gestion des sports, des loisirs et de l’activité physique au sein des organismes publics doit non seulement servir à informer, mais aussi se consolider comme un mécanisme stratégique de participation, d’intégration sociale et de transformation culturelle. D’un point de vue local, il a été démontré que la planification de la communication dans le secteur sportif en Colombie est confrontée à des défis structurels, tels que la fragmentation des messages, le manque de coordination interinstitutionnelle et la faible appropriation citoyenne des politiques sportives.

Cependant, ces défis ne sont pas propres au contexte colombien ; ils reflètent les complexités mondiales de la communication publique sur le sport, liées à l’accès équitable à l’information, à la numérisation et à la démocratisation de la communication dans les sociétés hyperconnectées.

La planification stratégique situationnelle en communication sportive doit inclure divers outils et tactiques pour garantir que les messages atteignent efficacement le public. Ces outils comprennent :

  • Communiqués de presse et médias traditionnels : Bien que les plateformes numériques aient gagné en importance, les médias traditionnels tels que la radio, la télévision et les journaux restent essentiels pour diffuser des informations dans les communautés ayant un accès limité à Internet.
  • Médias sociaux et plateformes numériques : Les médias sociaux permettent une interaction plus étroite avec les citoyens, facilitant la diffusion d’informations en temps réel et la création de communautés autour du sport.
  • Stratégies narratives et récits visuels : La communication sportive doit s’appuyer sur des récits qui suscitent des émotions et touchent les citoyens. Le recours à des vidéos, des témoignages et des campagnes audiovisuelles peut renforcer l’impact des messages et favoriser l’appropriation citoyenne des politiques sportives.
  • Espaces de participation et de consultation citoyenne : La communication ne doit pas être à sens unique. Il est nécessaire de créer des espaces où les citoyens peuvent exprimer leurs opinions, formuler des suggestions et participer à la prise de décision concernant les programmes sportifs.
  • Renforcer l’accès équitable à l’information sportive : Il est recommandé d’adopter des approches de communication accessibles, en veillant à ce que les populations vulnérables puissent recevoir des informations pertinentes sur les programmes et les opportunités dans le secteur du sport.
  • Mise en œuvre de stratégies transmédias : La combinaison des médias sociaux, des plateformes numériques et des médias traditionnels élargira la portée des messages et générera une plus grande interaction avec les citoyens.
  • Utiliser des outils technologiques pour mesurer l’impact : la mise en œuvre du big data , de l’intelligence artificielle et de l’analyse numérique nous permettra d’évaluer l’efficacité des stratégies de communication et de procéder à des ajustements en fonction de données précises et à jour.
  • Intégrer la communication publique sur le sport dans les politiques de développement durable : Il est essentiel que les stratégies de communication dans le sport incluent des messages sur la responsabilité environnementale et le développement durable, en accord avec les principes de l’Agenda 2030 des Nations Unies.
  • Assurer la transparence et la responsabilité dans la gestion du sport : les citoyens doivent avoir accès à des informations claires et vérifiables sur les investissements dans les infrastructures sportives, l’utilisation des ressources publiques et l’efficacité des politiques mises en œuvre.

Par conséquent, la communication publique appliquée au sport doit respecter trois principes essentiels : l’accessibilité, la participation et la transparence. Premièrement, elle doit garantir l’accès de tous les citoyens, quels que soient leur statut social ou leur situation géographique, à l’information sur les programmes sportifs et récréatifs. Deuxièmement, elle doit encourager la participation citoyenne à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques sportives, en créant des espaces de délibération et de responsabilité partagée. Enfin, elle doit garantir la transparence dans la gestion des ressources allouées au sport, en évitant l’utilisation de la communication à des fins politiques ou d’autopromotion institutionnelle.

Références

  • Arango-Forero, G. (2009). 21e siècle : vers une nouvelle éthique du journalisme sportif. Palabra Clave, 13. https://palabraclave.unisabana.edu.co/index.php/palabraclave/article/view/1465
  • Ballesteros-Herencia, CA (2021). Proposition d’un plan de communication global en management du sport. Revue ibéro-américaine des sciences de l’activité physique et du sport, 10(3), 160–177. https://revistas.uma.es/index.php/riccafd/article/view/12847/14382
  • Campillo, C. (2011). Communication publique et administration municipale. Un modèle structurel proposé. Pensar la Publicidad, 4(1), 45-62. http://hdl.handle.net/10045/19632
  • Castells, M. (2009). Communication et pouvoir. Rédaction de l’Alliance. Madrid.
  • Congrès de Colombie. (1995). Loi 181 de 1995 « Édictant des dispositions pour la promotion du sport, des loisirs, du temps libre et de l’éducation physique, et instituant le Système national des sports. » https://www.mindeporte.gov.co/recursos_user/2019/Juridica/Normograma/Leyes/Ley-181-de-1995.pdf
  • Congrès de la République. (2014). Loi 1712 de 2014 portant création de la loi sur la transparence et le droit d’accès à l’information publique nationale et promulgation d’autres dispositions. https://www.funcionpublica.gov.co/eva/gestornormativo/norma.php?i=56882
  • Constitution politique de la Colombie (1991). Constitution politique de la Colombie. https://www.funcionpublica.gov.co/eva/gestornormativo/norma.php?i=4125
  • Eaves, D. (2009). Les trois lois de l’ouverture des données gouvernementales. Eaves.ca, 30(8).
  • García-García, J. (2014). Gouvernement ouvert : transparence, participation et collaboration dans les administrations publiques. Université nationale de Colombie – Campus de Bogotá. https://repositorio.unal.edu.co/handle/unal/50693
  • Ladrón de Guevara, L.A. (2020). Qu’est-ce que la communication publique ? : Cocréation démocratique entre l’administration et les citoyens. Collection Síntesis. Union ibéro-américaine des municipalistes, Réseau international de coopération au développement (RUDICEL), Députation provinciale de Jaén.
  • Ladrón de Guevara, L.A. (2023). La communication publique comme outil stratégique de développement local. Revue ibéro-américaine de gouvernement local, 23.
  • Lévy, P. (2007). Cyberculture. La culture de la société numérique. Anthropos. Barcelone.
  • Marín-Marín, AE (2017). Communication transmédia dans les médias corporate et publics. Anesma. http://dx.doi.org/10.13140/RG.2.2.33843.64807
  • Marín-Marín, A.E. (2024). Pourquoi le service de communication est-il important dans une entreprise ? Sooypro (El Colombiano). https://historico.sooypro.com/blog-de-orientacion-empresa/departamento-de-comunicacion/
  • Martín-Barbero, J. (1987). Des médias à la médiation. Communication, culture et hégémonie. Éditions Gustavo Gili SA (révisé en 1991). Mexique.
  • Matus, C. (1996). Méthode PSE (Planification stratégique situationnelle). Centre éditorial d’études de la réalité bolivarienne. La Paz.
  • Medina-Pérez, G. (2013). Sport et communication politique : voies ou raccourcis pour favoriser leur convergence ? Études politiques, 42, 157-179. Institut d’études politiques, Université d’Antioquia.
  • Noveck, B. (2009). Wiki gouvernement : Comment la technologie peut améliorer le gouvernement, renforcer la démocratie et donner plus de pouvoir aux citoyens. Brookings Institution Press.
  • Noveck, B. (2023). IA générative et élaboration de politiques pour la nouvelle frontière. Technologie gouvernementale. https://www.govtech.com/opinion/generative-ai-and-policymaking-for-the-new-frontier
  • Rodrich Portugal, R. (2022). Fondamentaux de la communication institutionnelle : une approche historique et conceptuelle de la profession. Revista De Comunicación, 11(1), 212-234. https://revistadecomunicacion.com/article/view/2763
  • Rojas-Torrijos, J.L. (2014). Journalisme sportif : nouvelles tendances et perspectives d’avenir. Correspondances et analyses, 4, 177–190. http://hdl.handle.net/11441/68618
  • Scolari, CA (2013). Récits transmédias. Quand tous les médias comptent. Groupe Planeta. Espagne.
  • Thomas, H.E., Becerra, L.D., et Bidinost, A.I. (2019). Comment fonctionnent les technologies ? : Alliances sociotechniques et processus de construction fonctionnelle dans l’analyse historique. Open Past, 10, p. 127–158. Université nationale de Mar del Plata. http://hdl.handle.net/11336/175335
  • UNESCO. (2015). Charte internationale de l’éducation physique, de l’activité physique et du sport. https://www.unesco.org/fr/sport-et-antidopage/charte-internationale-du-sport
  • UNESCO. (2023). Le sport au service du développement durable. UNESCO Montevideo. https://www.unesco.org/es/fieldoffice/montevideo/expertise/deportelac
Comparte este artículo
Periodista, especialista en Gerencia de la Comunicación con Sistemas de Información, magíster en Comunicación, maestrando en Ciencia, Tecnología y Sociedad de la Universidad Nacional de Quilmes (Argentina), exárbitro de fútbol, Líder Catalizador de la Innovación Pública y profesor universitario.
No hay comentarios

Deja una respuesta

Tu dirección de correo electrónico no será publicada. Los campos obligatorios están marcados con *

Ir al contenido